Le lendemain de Uhud. Les musulmans sont dévastés, 70 martyrs, dont Hamza, l'oncle bien-aimé du Prophète ﷺ, mutilé par Hind bint 'Utba. Le Prophète ﷺ lui-même est blessé : une dent cassée, la lèvre fendue, le visage en sang. Des compagnons peuvent à peine marcher.
Et pourtant, à l'aube, le Prophète ﷺ fait une annonce que personne n'attendait : « Préparez-vous. Nous marchons à la poursuite de Quraysh. Et seuls ceux qui ont combattu hier peuvent venir. »
Les compagnons se lèvent. Certains s'appuient sur leurs compagnons pour marcher. Des blessures ouvertes, des os cassés, du sang séché sur les vêtements. Mais pas un seul ne refuse l'ordre. Jâbir ibn 'Abdullah, qui n'avait pas combattu à Uhud (son père lui avait ordonné de rester), supplie le Prophète ﷺ de faire exception, il l'autorise.
Ils marchent 13 km jusqu'à Hamrâ' Al-Asad et allument de nombreux feux de camp dans la nuit pour simuler une immense armée. Abu Sufyân, qui envisageait sérieusement de revenir finir le travail et prendre Médine, apprend que les musulmans, ceux qu'il a « vaincus » hier, marchent vers lui. Il n'en revient pas. La peur le saisit et il rebrousse chemin vers Makkah.
Le Coran commente : « Ceux qui, bien qu'atteints de blessures, ont répondu à l'appel d'Allah et du Messager, pour ceux d'entre eux qui ont bien agi et fait preuve de piété, il y a une récompense immense. » (3:172)